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4 commentaires“«Florence» de Jean-Louis Ruffel [07.03]”Poster un commentaire. |
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J'ai lu ce petit livre le temps d'un trajet en voiture. Ce n'est pas moi qui conduisais, je vous rassure. Si tel avait été le cas, je n'aurais pas pu apprécier la qualité d'écriture de Jean-Louis Ruffel. Il détruit avec ces quelques pages, une certaine idée que l'on pouvait se faire de l'homme, et dévoile une sensibilité cachée... Je n'en dis pas plus ! Bravo.
J'ai reçu ce petit livre samedi. Je l'ai lu rapidement, appréciant le style de l'auteur, et surtout cette atmosphère bien mystérieuse... Le thème m'a un peu surprise mais tout cela est vraiment très bien rendu. Bravo.
La nouvelle de Jean-Louis RUFFEL me fait penser au poème de Verlaine : *"Mon Rêve familier", la société de plus en plus technicienne qui réduit la communication humaine au néant, à l' indifférence, on recherche l' autre désespérément que parfois on confond rève et réalité, on aimerait désespérément que... mais quand la dure réalité reprends sa place, on sent tout le ridicule et l' absurdité de la situation, on panique parce que finalement on se rend compte de notre déchéance et on assume plus rien. Le lecteur est alors cet homme qui recherche du réconfort pour combler sa solitude dans les bras d' une inconnue dont il ne sait rien, si n' est ce prénom "Florence", à laquelle il se rattache comme à une bouée de sauvetage, dont il attends toutes les promesses de son desoeuvrement. Un peu d' humanité dans ce monde froid, implacable. Une nouvelle moderne qui dépeint avec réalisme le quotidien que doivent assumer beaucoup d' hommes seuls entre besoins sexuels à assouvir et honte de devoir le faire avec une prostituée. *Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime, Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse ? --Je l'ignore. Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la Vie exila. Son regard est pareil au regard des statues, Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont tues. Paul VERLAINE, Poèmes saturniens (1866)
Une nouvelle tout en finesse et en suspension. A lire pour découvrir un auteur virtuose des mots. Merci beaucoup Mr Ruffel pour ces pages troubles et riches en émotion. Tinoune